Nous suivre Industrie Pharma

A Evreux, GSK investit dans les économies d'énergie

À EVREUX, SYLVIE LATIEULE

LES MÉDICAMENTS PRODUITS À ÉVREUX

- Respiratoire :

- Seretide/ Advair/Adoair - Serevent - Flixotide/ Flovent/Flutide - Ventoline - Becotide

- Virologie :

- Relenza

A Evreux, GSK investit dans les économies d'énergie

L'OPTIMISATION DES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT D'AIR CONTRIBUE À ÉCONOMISER DE L'ÉNERGIE.

© © GSK

Le laboratoire pharmaceutique prévoit de réduire de 65 % les émissions de CO2 sur son site normand d'Évreux entre 2006 et 2015. L'un de ses principaux leviers passe par des économies d'énergie, en particulier au niveau de la production de toutes les utilités qui permettent de maintenir les salles propres dans des conditions environnementales dictées par la réglementation.

C'est en 2006 que le groupe pharmaceutique GSK s'est lancé un défi ambitieux : réduire de 45% son empreinte carbone à l'horizon 2015, dans le cadre du programme « Climat Change ». Pour y parvenir, tous les sites ont été sollicités à travers le monde, de la R&D à la production, en passant par les sièges administratifs et commerciaux. En France, le site d'Evreux, en Haute-Normandie, spécialisé dans la production de médicaments respiratoires, n'a pas échappé à la règle. Dès 2006, il a démarré un programme de réduction de son empreinte carbone qui s'est essentiellement traduit par des économies d'énergie. « Les premières années, les progrès ont été assez simples à réaliser, sans engager de lourds investissements », explique Michel Da Silva, Champion Énergie pour les sites GSK d'Évreux et de Notre-Dame-de-Bondeville. Pour ce faire, le site a mis en place une boîte à idées pour permettre à chaque collaborateur de suggérer des initiatives faciles à mettre en place. Comme par exemple éteindre son ordinateur, économiser du papier en imprimant recto-verso... Alors que le programme prévoyait en moyenne des réductions d'émissions de CO2 de 5 % par an, le site d'Évreux a pu réduire de 6,2 % ses émissions en 2007, puis de 4,9 % en 2008. Mais à partir de 2009, le bon sens n'a plus suffi pour atteindre les objectifs à 2015. Une équipe dédiée a été mise en place pour gérer un programme d'économie d'énergie de type « lean management ». Sur la période 2006-2011, les investissements ont ainsi atteint 2,5 M€. Le site d'Évreux a pu enregistrer des avancées spectaculaires avec des réductions d'émissions de CO2 de -9,2 % en 2009, -13,3 % en 2010 et -16,7 % en 2011. Dans le même temps, une économie de 5 M€ a pu être réalisée sur le budget énergie.

Michel Da Silva explique la méthode employée : « Nous avons cartographié les postes qui consommaient le plus d'énergie sur le site. Il s'est avéré que les cinq plus gros postes consommaient 50% de l'énergie totale et étaient liés au maintien des conditions environnementales des salles propres ». D'où l'importance d'optimiser ces postes et de traquer la moindre dérive pour éviter une explosion de la consommation d'énergie du site. « Le domaine pharmaceutique présente une particularité par rapport aux autres industries », poursuit Michel Da Silva. « Entre 65 et 80 % de la consommation d'énergie sont liés au maintien de conditions environnementales contrôlées dans les salles blanches, à travers la climatisation et les sens d'air. A Evreux, 78 % de la consommation d'énergie ne sont pas liés à la productivité ». Parmi ces gros postes consommateurs d'électricité, on trouve les chaudières, les groupes de froid, les centrales de traitement d'air. Fort de ce constat, les équipes de GSK ont imaginé dès 2009 un plan d'action et une feuille de route à trois ans. Une idée phare a consisté à réaliser une légère adaptation des conditions environnementales des salles propres, sans enfreindre la réglementation. « En activité et hors activité, les environnements de salles propres n'étaient jamais modifiés. Or si le confort de travail requiert une plage de températures entre 21 et 23 °C, la réglementation, recommande une plage plus large, de 15 à 25 °C. D'où l'idée de maintenir une plage étroite entre 21 et 23 °C en activité et d'élargir la plage de 18 à 24 °C, hors activité, en particulier le week-end », explique le responsable. « Or 1 °C de chaleur en plus, c'est 7 % d'énergie économisée ! », évalue grossièrement le Champion Énergie.

Un apport d'air neuf sous contrôle

 

Pour ce qui est de l'aération des salles propres, la réglementation prévoit un apport d'air neuf de 15 m3 à 45 m3 par heure et par personne, suivant l'activité. Cette fois encore, les équipes de GSK ont estimé que les soirs et week-end, le besoin d'oxygène n'était plus aussi important dans les salles propres. « Nous avons mis en place dans notre hall de conditionnement une sonde qui mesure le niveau d'oxygène et permet d'apporter uniquement la quantité d'air neuf nécessaire », explique Michel Da Silva.

Autre exemple, dans l'atelier Diskus, des détecteurs de présence commandant les éclairages ont permis de réaliser une économie annuelle de 100 MWh, correspondant à 5,5 t de CO2 non émises et 9000 euros de moins sur la facture d'électricité. De même, un ancien groupe froid a été remplacé par un nouveau modèle à haute efficacité énergétique. L'investissement de 500 euros a permis d'économiser 1500 MWh d'électricité par an (8,6 t/an de carbone et 120 000 euros d'électricité).

De façon générale, pour tout équipement acheté, GSK inclut depuis 2009 dans ses cahiers des charges l'efficacité énergétique, avec des clauses de résultats. « Au début de notre programme, nous avons essuyé les plâtres. Certains constructeurs proposaient des solutions « super économes en énergies » qui, une fois installées, n'apportaient pas le gain escompté. D'où l'idée d'introduire cette clause de résultat qui nous a permis de faire le tri entre les fournisseurs », explique Michel Da Silva.

Bien entendu, une fois que les nouveaux niveaux de performances sont atteints, il est impératif de les maintenir. Outre la mise en place de programmes de réduction de dépenses énergétiques, l'équipe de Michel

Da Silva, qui compte aujourd'hui 4 personnes, analyse au quotidien toutes les dépenses énergétiques du site d'Évreux, mais aussi du site de Notre-Dame-de-Bondeville. La moindre dérive est traquée pour agir sans délai sur les causes.

Au vu de toutes ces mesures, le site d'Évreux a pu atteindre l'objectif de réduction de 45 % des émissions de CO2 fin 2011 par rapport à 2006, avec 4 ans d'avance sur le programme. Du coup, la barre a été remontée et placée à -65 % sur la même période. Cet objectif reste parfaitement atteignable, mais le montant des investissements à consentir va s'alourdir. « Pour gagner ces 20 % supplémentaires, nous avons prévu un programme d'investissement de 5 M€ », explique M. Da Silva. Dans cette enveloppe, on trouve de l'isolation de bâtiments, de l'optimisation des centrales de traitement d'air, une révision systématique de tous les systèmes de régulation de température avec l'adoption d'une double consigne été et hiver, une traque des fuites au niveau des lignes d'air comprimé...

En complément de la réduction de sa facture énergétique qui agit directement sur l'empreinte carbone, le site cherche de longue date à utiliser une énergie plus verte. Mais impossible de construire sa propre éolienne à cause de la proximité d'un aérodrome ou de rentabiliser l'installation de panneaux solaires. Néanmoins, le site d'Évreux franchira en septembre 2012 une nouvelle étape avec l'utilisation « d'eau chaude verte » qui sera mise à sa disposition par une chaudière biomasse en cours de construction dans l'agglomération d'Évreux. Au delà de la réduction de son empreinte CO2 via des économies d'énergie, mais aussi d'eau et de déchets, le groupe GSK compte actionner le levier de l'énergie verte pour arriver à ne plus émettre aucune molécule de CO2. Un objectif « zéro carbone » fixé à l'horizon 2050.

%%HORSTEXTE:0%%

3 QUESTIONS À

Marc Lamy, responsable du service Support Projets ambassadeur du site d'Evreux pour le Développement Durable

Comment se décline l'action de GSK à Évreux en matière de développement durable. Quelle part accordez-vous aux économies d'énergie ?

Marc Lamy : Notre action se décline en trois volets : la réduction de l'empreinte carbone, la réduction des déchets et la réduction de la consommation d'eau. Pour ce qui est de notre empreinte carbone, nous avons réalisé un bilan carbone de toutes nos activités en France en 2008. Pour ce qui est du site d'Évreux, il est apparu que la réduction de notre consommation d'énergie était le principal levier à actionner pour améliorer notre empreinte carbone. Mais il y a d'autres possibilités d'action. Par exemple, nous avons revu les procédures de nettoyage d'une ligne de remplissage d'aérosols, ce qui nous a permis d'économiser du gaz propulseur et de l'alcool. Nous avons également travaillé sur certains packagings. En réduisant par exemple de 8 mm la taille du carton d'un de nos aérosols, nous sommes parvenus à gagner 25 % de volume par unité de palette. Par ailleurs, nous avons réévalué notre chaîne logistique en privilégiant le maritime, par rapport à l'aérien.

Quelles actions avez-vous menées en matière de réduction des déchets ?

M.L. : En quatre ans, le site d'Evreux a réduit de 30 % sa production de déchets. Dans le même temps, la part de recyclage est passée de 45 à 57 %. En 2011, le taux d'enfouissement a été de 0 %. Pour cela, nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs pour réduire nos déchets à la source. Par exemple, pour différents composants de l'inhalateur Diskus, nous leur demandons d'utiliser des caisses de 1 m3 recyclables plutôt que de multiplier les emballages en carton de petite taille.

Qu'en est-il de la réduction de la consommation d'eau ?

M.L. : L'eau va bientôt devenir une denrée rare. En cinq ans, le site d'Évreux a déjà réduit de 20 % sa consommation. Comme pour l'énergie, les actions quotidiennes de chacun nous ont permis de faire cette réduction. De plus, nous avons redessiné notre système d'évacuation des eaux usées pour avoir la possibilité de mieux tracer les rejets.

Avez-vous l'intention de refaire un bilan carbone pour évaluer le chemin parcouru ?

M.L. : Nous avons réalisé un premier bilan carbone du site d'Évreux en 2008. Évreux a d'ailleurs été l'un des tout premiers sites pharmaceutiques à mesurer son empreinte carbone sur le territoire français. Depuis, nous avons mis en place des systèmes de monitoring pour nous permettre de suivre nos actions. Nous avons néanmoins prévu de réaliser un nouveau bilan carbone du site d'Évreux d'ici à la fin de l'année 2012.

Propos recueillis par Sylvie Latieule

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Transformation digitale : Des solutions qui s'imposent

Transformation digitale : Des solutions qui s'imposent

Avec le confinement et le développement du travail à distance, la transformation numérique de l'industrie n'a jamais paru aussi pertinente. Et si la crise liée au Covid-19 accélérait[…]

La pharma se dévoile en chiffres clés

La pharma se dévoile en chiffres clés

La crise bouscule les habitudes

La crise bouscule les habitudes

Données : « Prioriser le retour sur investissement »

Données : « Prioriser le retour sur investissement »

Plus d'articles