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48 morts dus au docétaxel

H.B.

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Ce chiffre édifiant a été dévoilé par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) le 29 mars, et est issue de l'enquête de pharmacovigilance diligentée dès septembre 2016. Elle révèle que, sur la période de commercialisation de médicaments au docétaxel, c'est-à-dire de 1996 au 7 février 2017, pas moins de 48 décès ont été recensés chez des malades du cancer traités par cette molécule, sur les 187 cas de colites ou de chocs septiques rapportés suite à la prise de docétaxel. D'après les données de pharmacovigilance, les colites ou chocs septiques sont survenues majoritairement dans les deux semaines suivant l'administration du produit. Malgré cela, l'ANSM estime que « les décès restent rares (de l'ordre de 1/10 000) pour un médicament qui a permis de réduire la mortalité dans de très nombreux cancers ». Mi-mars, une information confidentielle de l'ANSM rapportée par l'AFP portait le nombre de décès à 18 sur une période d'un peu plus de deux ans. Entre l'été 2016 et février 2017, six femmes de 46 à 73 ans atteintes de cancer du sein et traitées par le doxétaxel ont été victimes de complications digestives, et cinq en sont décédées. Informée dès août 2016, l'ANSM a diligenté une enquête nationale de pharmacovigilance dans la foulée. Elle mène en parallèle des analyses sur la qualité des lots de toutes les spécialités contenant du docétaxel commercialisées en France, et rendra ses résultats « d'ici la fin du mois d'avril ». En attendant, et selon le principe de précaution, l'ANSM et l'Institut national du cancer maintiennent leur recommandation de mi-janvier conseillant aux cancérologues d'éviter de prescrire du docétaxel dans les cas de cancers du sein localisés et opérables, au profit d'un médicament analogue, le paclitaxel. En revanche, cette recommandation ne concerne pas les autres types de cancers (poumon, prostate, gastriques, voies aérodigestives supérieures), pour lesquels le docétaxel peut aussi être prescrit, pour éviter tout risque de récidive. L'ANSM demande tout de même une « surveillance (clinique et biologique) étroite, systématique et surtout précoce des patients ». Une évaluation du dossier est actuellement en cours au niveau européen en vue d'une réévaluation du rapport bénéfices/risques de cette molécule, a précisé l'ANSM.

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